Elephantman à l’opéra. Parce qu’il était montré dans les foires aux monstres, un jeune homme défiguré et mélomane en veut à la terre entière. Caché pour sa survie dans un opéra, le bonhomme tombe amoureux d’une jeune artiste à qui il apprend en secret les bases de l’art lyrique. Le bossu et sa dame chantonnent à l’unisson jusqu’au jour où la demoiselle croise le regard d’un bellâtre à la voix de ciguë. Ah, jalousie quand tu nous tiens! Sonnez trompettes et roulez tambours, le fantôme de l’opéra va semer la pagaille parmi tous ces fans d’André Rieu!
Forte de plus de ses millions de spectateurs à travers le monde, la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber se retrouve aujourd’hui sur grand écran. Pourquoi? Ami de toujours du compositeur de Broadway, Joel Schumacher voulait lui rendre un vibrant hommage (et ramasser le pactole au passage).
Mais comme on le sait, on est souvent trahi par ses proches et Schumacher n’a fait que souligner maladroitement tous les défauts du compositeur (mélodies lourdingues, manque d’humour, thèmes rabâchés) sans arriver à en préserver les qualités. En effet, la mise en scène plate et purement illustrative de l’Américain ne parvient jamais à rendre la magie du spectacle ni la puissance de la machinerie de ce type de grosses productions théâtrales.
Même les fans seront déçus: ennuyeux et ringard, ce long clip ressemble au mieux aux productions kitsch et gothiques d’une Mylène Farmer en petite forme. Reste quelques airs connus et deux trois scènes divertissantes, notamment celles où les acteurs jouent la comédie sur scène. Triste fantôme.
Grégoire Fazan, 17 janvier 2005
De Joel Schumacher
Avec Emmy Rossum
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