AccueilLogo
Accueil | Info Site | Pub | Contacts
i Accueil
www.VilainPetitCanard.ch

Théâtre | Littérature | Cinéma | Patchwork | CV | Liens

Cinéma

 




Holy Lola

Star**--

 

Affiche Holy LolaPour son dernier long-métrage, Bertrand Tavernier nous a réservé une plongée sans merci dans le Cambodge d’aujourd’hui, meurtri et malade. «Le Cambodge est le pays où tout le monde sourit, mais où on a le cœur brisé.» Comme Pierre et Géraldine, ce couple qui atterrit à Phnom Penh avec le désir d’adopter, le spectateur est débarqué sans préavis dans un univers fourmillant, où grondent la pauvreté, les désordres administratifs et la menace omniprésente des mines anti-personnel. Amoureux pourtant de ce pays, le cinéaste en dresse ici un portrait sombre, en guise d’arrière-plan documentaire à son récit.

Car s’il en a les qualités, Holy Lola ne relève pas du documentaire, mais se présente comme une fable sur le parcours désespérant des couples en quête d’un enfant à adopter. Pierre et Géraldine, la trentaine jeune, se retrouvent dans un hôtel, où tous mènent le même combat. Combler ce vide béant laissé par la stérilité.

Le paradoxe pointe clairement à l’horizon. Si les orphelinats sont pleins à craquer, aucun enfant n’est disponible. Et Tavernier de dénoncer le grandes agences américaines qui procurent à leurs citoyens des enfants à la force du dollar. Regard du cinéaste engagé sur un système malade. Regard ému aussi de l’homme sur le désespoir de ces parents «orphelins». Car la trajectoire de Pierre et Géraldine, si elle ne cesse de se croiser avec les images documentaires, relève avant tout du drame intimiste. La douleur, l’attente, les faux espoirs, les déceptions en chaîne. Face aux tensions quotidiennes, l’intégrité du couple est mise à mal. Les êtres sont à bout de force, les blessures à vif.

Le jeu d’Isabelle Carré et de Jacques Gamblin est des plus convaincants, que ce soit dans le registre de la tendresse ou de la colère. Et ces messages qu’ils enregistrent au dictaphone pour leur futur enfant, pur moment de poésie fragile dans ce quotidien chambardé, touchent droit au cœur. Sans accès de lyrisme aucun.

Une critique tout de même. Aussi captivants soient-ils, on aurait pu se passer de leurs dernières péripéties, ajoutant au film une durée superficielle.

Anne-Sylvie Sprenger, 3 décembre 2004

De Bertrand Tavernier
Avec Isabelle Carré et Jacques Gamblin

© 2004-2005 | Design by