Premier long-métrage de Tristan Aurouet et Gilles Lellouche, Narco nous raconte l’histoire de Gus, (Guillaume Canet) un trentenaire narcoleptique (atteint de crises de sommeil) mou et incapable de garder un emploi. Considéré comme le dernier des incapables par tout le monde, personne de sa femme Paméla (Zabou Breitman), de son meilleur ami Lenny (Benoît Poelvoorde) ou de son fils adoptif Kevin (Vincent Rottiers) ne prend au sérieux son talent de dessinateur de bandes dessinées. Jusqu’à ce que son psychiatre (Guillaume Gallienne) aux sombres motivations reconnaisse la qualité de ses planches, et qu’il s’allie à la famille pour en tirer profit.
D’entrée de jeu, le ton sarcastique avec lequel ces péquins lobotomisés par les reality shows se font dresser le portrait en jette plein la vue: l’odeur de bière bon marché suintant sur l’écran, la vulgarité y est tangible. Or la suite ne tarde pas à nous remettre devant une comédie de bas étage, à l’intrigue burlesque et surtout idiote.
Ce film aurait pu être très réussi s’il avait suivi ce filon du sarcasme avec lequel il avait démarré. Mais Aurouet et Lellouche ont «raté le coche» en préférant user d’un comique facile tout en sabotant des thèmes aussi intéressants que la frustration, l’humiliation, ou le rêve et sa confrontation avec la réalité. Déception d’autant plus grande puisque les événements invraisemblables occultent complètement la profondeur de ces personnages.
Virginie Pfeiffer, 16 décembre 2004
De Gilles Lellouche et Tristan Aurouet
Avec Guillaume Canet, Zabou Breitman, Benoît Poelvoorde, François Berléand