Deux ans après avoir dévalisé le casino le plus inviolable de Las Vegas, Danny Ocean et ses potes cambrioleurs profitent d'un farniente prolongé. Disséminés aux quatre coins du globe, nos héros s'essaient avec plus ou moins de réussite aux petites joies de la vie dans la légalité. Parties de cartes, peinture, pour un peu ils s'ennuieraient presque. Jusqu'au jour où le patron dudit casino retrouve leur trace. Les bonshommes ont alors une semaine chrono pour rendre l'argent dérobé…
Et c'est reparti pour un tour! Après un prologue un rien déprimant (rien de plus triste qu'un bandit faisant la queue au supermarché), Ocean's 12 passe la cinquième! Avec l'élégance et le charisme qui le caractérisent, Steven Soderbergh (Trafic, Sexe Mensonges et Vidéo, Erin Brockovich) a le talent rare de réaliser des films de divertissement sans jamais tomber dans la surenchère. Sa mise en scène est fluide, les scènes d'actions restent à dimension humaine (pas d'explosions à tout-va, ni de courses-poursuites sans fin) et l'intrigue privilégie les situations décalées aux figures imposées par le genre. Rien chez le cinéaste n'est lourd: la musique est discrète, les effets de narration entretiennent un suspense malin et même les stars se mettent au diapason et laissent leur ego de côté. On pense parfois à certains films d'Hitchcock où tout semble aller de soi et où l'élégance prévaut jusque dans les moindres détails (Ah, les chaussures lamé or de Catherine Zeta-Jones!). Libéré de l'intrigue un rien linéaire du premier opus (un remake de L'Inconnu de Las Vegas avec Frank Sinatra), le cinéaste américain peut donner libre cours à son imagination et retrouve son goût pour une chronologie éclatée qui ménage suspense et rebondissements.
Certains diront que Soderbergh et sa bande ne font «que du vulgaire» divertissement. Certes. Mais ils le font avec classe, intelligence et retenue.
Grégoire Fazan, 6 janvier 2005
De Steven Soderbergh
Avec George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Julia Roberts et Catherine Zeta-Jones