«Extraordinaire, sophistiqué, profondément émouvant, puissant - un joyau rare et érotique», s’exclamait l’actrice Cate Blanchett lors de la présentation des Australian Filmawards. Il est permis de ne pas partager son enthousiasme. Si la photographie soignée de ces paysages de montagnes enneigées donne un ton lancinant à cette chronique adolescente avec ses variations chromatiques stylisées, le film manque cependant de texture.
Heidi découvre les plaisirs du corps et le jeu des attirances. Elle cherche ses limites. Et les trouve en flirtant d’un peu trop près avec le compagnon de sa mère. C’est le clash. Désemparée, paumée dans ses baskets d’adolescente en éveil, elle s’enfuit à travers les montagnes australiennes et trouve refuge dans une station de ski qui ressemble plus à un bled du trou du monde. Dans cet environnement miteux et à la fois sauvage, elle cherche le sens de l’amour, se perdant dans des coucheries sans lendemain.
Itinéraire d’une fille facile et paumée, Somersault ne parvient pas à nous captiver, tant les comportements des personnages frôlent à des moments le non-sens, comme ce baiser entre deux hommes qui traverse l’écran sans aucune explication. Ce film aura au moins eu la qualité de révéler Abbie Cornish, dont le teint diaphane et le regard cristallin auront réussi à illuminer quelque peu cette œuvre déprimante. Sans son interprétation à fleur de peau, l’entracte se serait peut-être prolongée…indéfiniment.
Anne-Sylvie Sprenger, 13 janvier 2005
De Cate Shortland
Avec Abbie Cornish, Sam Worthington, Lynette Curran
Photo © Red Carpet Productions