Jonathan Burrows le danseur, Matteo Fargion, son compositeur depuis plus de treize ans. Cette complicité glisse aujourd’hui des coulisses à la scène, où le chorégraphe, pour son dernier spectacle, hisse son fidèle ami. Assis sur des chaises, dans un espace totalement vidé de tout élément parasite, ils dialoguent de leurs mains. Car ici la danse n’est que mouvements des bras et des mains, langage des signes qui interrompt celui du corps. Le bruit de l’air, claqué par ces gestes ordinaires, en devient la trame sonore. Introspective. Ballet des sourires et des regards, cette rythmique de la banalité est ingénieuse et délicieuse, mais n’en reste pas moins plombée par une monotonie... quasi-existentielle.
Anne-Sylvie Sprenger, L'Hebdo, 26 septembre 2004
Théâtre du Grütli, Genève
Chorégraphie: Jonathan Burrows