Le chorégraphe Davide Bombana s’attaque à un véritable mythe. Or, du roman de Nabokov ne reste plus que les tourments psychiques engendrés par le désir. Destructeur. Le ton est grave, lancinant. Entre ses respirations rauques et cordes grinçantes (Chostakovitch, Schittke, Ligeti...), la musique nous enferme dans ses ténèbres, tandis que des coulures de peinture quadrillent un écran géant de façon déstructurée. L’obsessionnel tend ici à l’abstraction. Pourtant, malgré l’exécution admirable des danseurs et l’efficacité de la scénographie, cette fantasmagorie du désir manque cruellement de sensualité. Dommage.
Anne-Sylvie Sprenger, L'Hebdo, 4 décembre 2003
Bâtiment des Forces Motrices. Genève
Chorégraphie: Davide Bombana