A voir du 17 au 21 novembre au Théâtre Sévelin 36
Seul sur scène, le danseur nous tourne le dos, le pantalon descendu. Il écarte ses fesses et nous invite à venir le «prendre», de la façon la plus directe qui soit. Derrière cette image choc, une réflexion. Ou plutôt une réaction au glissement du privé sur le devant de la scène. A travers sa chorégraphie, le Lausannois Philippe Saire questionne les limites de l’impudeur. Les flashs se succèdent, comme de courtes scènes rôdant autour du loup pornographique. Provocations teintées d’humour, et jamais gratuites. Ici, les corps retrouvent tout leur poids, leur lourdeur leur matérialité la plus imparfaite. Pétrie, malaxée, la chair revendique le toucher, les sensations du contact. Au ras du sol, les corps s’entrechoquent, luttent dans un mouvement commun presque inconscient. Fluide.
Anne-Sylvie Sprenger, L'Hebdo, 9 novembre 2004
Théâtre Sévelin 36, Lausanne
Chorégraphie de Philippe Saire
Avec 6 danseurs
Photo: © Mario del Curto