A voir au Pulloff jusqu'au 24 avril
Dans une mise en scène forte de Geoffrey Dyson, les trois tragédies de l’Américain Neil Labute, grand provocateur, cognent juste. Avec un humour cinglant, l’auteur met à nu et sans détour l’âme humaine dans un amer mélange de tristesse et de cruauté. On en ressort éprouvé, tant les performances de Yannick Merlin et Virginie Meisterhans ont su réveiller en nous des peurs obscures, indicibles.
Choquantes, répulsives, les confessions criminelles de ces trois pièces courtes — Iphygénie à Orem, Une harde de Saints et Medea Redux — ont des allures de cauchemars souterrains. Comment tuer son propre enfant ? Comment glisse-t-on imperceptiblement de l’autre côté? Celle de la folie, des actes passionnels. Sans répondre à ces questions, l’auteur dresse «un portrait clinique du Mal» d’une troublante vérité. Comme pour mieux l’exorciser.
Quant à la mise en scène de Geoffrey Dyson, tant épurée que stylisée, elle dégage une aura inquiétante qu’adoucit à peine la voix de Billie Holiday ou d’Eric Clapton.
Un moment de théâtre intense, à voir absolument.
Anne-Sylvie Sprenger, 16 avril 2005
Pulloff, Lausanne
De Neil Labute
Mise en scène: Geoffrey Dyson
Avec Virginie Meisterhans et Yannick Merlin
Photo: Geoffres Dyson