Seul sur scène, un cahier d’écolier à la main, Gérard Guillaumat se présente. Puis s’assied sur un malle en rotin. «Que je vous conte et raconte l’histoire d’un homme à la fin de la dernière guerre, revenant des camps de concentration où il avait perdu la parole...» Au silence respectueux du public, succèdent les rires complices avec le comédien-conteur. Une relation intime qui se noue peu à peu, évoquant ces moments privilégiés, où, enfants, l’on nous contait des histoires avant de nous endormir. Un dispositif scénique qui remonte aux origines. Mais cette fois, c’est l’histoire qui raconte le comédien. Qui narre avec douceur et enjouement son amour du théâtre, sa renaissance à la vie. Un moment de vérité aussi généreux que pudique.
Anne-Sylvie Sprenger, L'Hebdo, 29 avril 2004
Théâtre de Saint-Gervais, Genève
Théâtre de Vidy, Lausanne
De et avec Gérard Guillaumat