D’abord il y a l’écriture subliminale de Claude Borgeyx, qui s’immisce dans notre chair avec une efficacité subjugante. Puis la magie du théâtre: quand un comédien, (presque) seul sur scène, réussit à réveiller des microcosmes parallèles, à faire exploser les limites de l’écriture. Avec pudeur, Yann Mercanton endosse la carapace de ce vieil adjudant à la retraite, bougre neurasthénique qui porte sur son ennui un regard sagace, osant la dérision à tout-va. Et fait de sa morne vie son propre cinéma en Technicolor. On en rit. On en pleurerait presque aussi.
Anne-Sylvie Sprenger, L'Hebdo, 18 mars 2004
De Claude Borgeyx
Mise en scène et avec: Yann Mercanton
L'ôdieuse compagnie
Photo: © Yann Amstutz