«Qu’on le fasse ou pas, on ne pense qu’à ça!» C’est à-peu-près ce que proclamait un fameux médecin viennois du début du siècle. Et cela non sans heurter quelques bonnes âmes vertueuses. Aujourd’hui, les pétillantes Petites histoires horizontales de Cécile Philippe abordent le thème du désir charnel sans détours, avec ludisme et fraîcheur. Elles respirent la soif du mâle au quotidien. Sans emphases. Coquines, lorsque la belle Eva assouvit son désir au rayon fruits et légumes d’un supermarché. D’une sobre beauté lorsqu’une sonate de Bach se retrouve bousculée entre des respirations haletantes – mais toujours retenues – et les spasmes libérateurs du plaisir. Eros est mis à nu, et l’imagination du spectateur en ressort tout émoustillée. Car sous la direction de Françoise Courvoisier, tout se situe au niveau de la parole. «Parce que l’imagination n’a pas de limites alors qu’une image – même la plus séduisante – ne ramène qu’à elle-même.» Entre autodérision et sincérité, la féminité se raconte au gré des envies, au gré des blessures aussi. «Sans revendication aucune.»
Anne-Sylvie Sprenger, Dimanche.ch, 9 avril 2001
Théâtre La Grenade, Genève
De Cécile Philippe
Mise en scène: Françoise Courvoisier