Le roman-monologue de Noëlle Revaz semble avoir été destiné à la scène. A la recherche d’un parler vrai, la Valaisanne réinvente une langue rugueuse et maladroite, qui ne sait que s’encoubler lorsqu’il s’agit de parler sentiments. La gorge nouée par ces mots qui ne viennent pas et qui séparent, Philippe Mathey rend tout son pathos à ce paysan désarmé, à qui ça «met les yeux en larmes de devoir être tendre». Dans une scénographie soignée, où les éclairages trahissent les fissures de la parole, le comédien incarne avec force cette pudeur des mots. Bouleversant.
Anne-Sylvie Sprenger, L'Hebdo, 6 novembre 2003
Théâtre du Poche, Genève
De Noëlle Revaz
Mise en scène : Andrea Novicov
Avec Philippe Mathey